les variantes de ca : ur..ca

Les variantes de  ca : ur ….(ca)

 

La négation se présente sous deux formes (21) :

1) Si la négation porte sur le prédicat ou la relation prédicative, le signifiant est discontinu ; le deuxième élément de la négation peut avoir , dans ces cas , la forme  ca  , c , cay :

            (B.201) ur t ssinx c

                            " je ne le connais pas • "

 

(280)

"

Skndh di

s

iġsan

n baba

ħnini

 

a nttan ur

umizx ca

n

grc

 

,

 

 

---

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

 

 

n ħdd •

(22)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"

je

brûlerais

en

cela les os

de

 

mon cher

père

 

si

je

pre»

 

 

 

,

 

nais une obole de quelqu'un. "

            (B.202) ur t ssinx  ca •

                        " je ne le connais pas • "

          ( 11 • 34 ) ( ••• ) nK , ur t 3qqilx   cay ( ••• )

,                          je ne l'avais pas reconnu ( ••• ) "

dans (11.34) , l'élément c ay donne plus d'emphase à la négation.

2) Le signifiant continu ( ur idd , maci (23) ) se rencontre dans les cas suivants :

(a) négation d'une identification

             (B.203) maci  d aryaz •

                        " ce n'est pas un homme. "

              (B.204) ur idd d  aryaz •

                     " ce n'est pas un homme. "

(b) négation d'un terme anticipé ( sujet, objet, prédicat ••• )

           

                 (B.205) maci nkk ay  t  iccan •

                       " ce nest pas moi qui l'ai mangé. "

                 (B.206) maCi ur SSinX •••

                       " ce n'est pas parce que je ne comprenne pas ••• "

A) Dans ce qui a précédé , nous avons tenté de parler de " la négation formelle » (24) , c'est à dire une négation ayant recours à un marqueur grammatical; dans ce qui va suivre, l'étude sera consacrée à des énoncés où le positif et le négatif ont une équivalence sémantique •

 La neutralisation de l'opposition ur/Ø, se rencontre aprés le verbe gwd  " craindre" ; il y a opposition d'un signifié à sa négation:

            (12.41) ( ••• ) gwdx ad iyi  3ardn •

           

                 " ( ••• ) j'ai peur qu'on m'agresse

            (B. 207) gddx ad yini awal  nna •

                     " je crains qu'il (ne) dise le secret en question. (25)

            (B.208) gddx ur itini awal  nna •

                        " je crains qu'il (ne) dise le secret en question.

B) Si nous examinons, maintenant, quelques exemples où le tour n'est pas à interpréter comme une question (26) ( demande d'information) , mais comme une assertion à contenu positif:

          (B.209) is ur idd  3li  ay  d iddan ?

                          " est-ce que ce n'est pas Ali qui est venu? "

Comme l'atteste cet exemple, il ne s'agit pas d'une interrogation ayant un sens négatif •

 

Il est à signaler, aussi, des cas où le contenu positif d'un verbe exprime l'idée d'une négation sur le plan sémantique :

          (B.210) la ytini is idda •

                     " il croit qu'il est parti. "

           (B.211) la ytġal is idda •

                     " il croit qu'il est parti. "

           (B.212) iggum ad  iddu •

                      " il refuse de partir • "

Il apparait , à la suite de ces exemples, que ces verbes présupposent la faùsseté de l'expansion.

C) Dans les phrases subordonnées, la négation suscite des ambiguîtés sémantiques : c'est à ce niveau que se situe la différence entre une négation de phrase et une négation d'un terme de la phrase • (27)

(B.213) issn ad isiwl •

" il sait parler. "

(B.214) ur issin ad isiwl •

" il ne sait pas parler. "

(B.215) ? issn ur itsawal • (28)

(B.216) ira  3li ad yawl i mMi s •

" Ali veut marier son fils "

(B.217) ur iri  3li ad yawl i mMi s

" Ali ne veut pas marier son fils • "

Dans ces cas, la négation porte sur le verbe de la principale ( SV1) ; quand le verbe est sul "rester, demeurer" , la négation est située devant le sv2 de la subordonnée :

 

           (B.218) isul ur iddi •

" il n'est pas encore parti • "

Bououd Ahmed

Bououd1@yahoo.fr

 

Notes ( ‘adverbe ur )

 

 (1) A.Martinet  Grammaire fonctionnelle du français p. 190 •

(2) ici  aussi , on ne peut trancher pour savoir si la négation est une moda­lité ou un adverbe? Le critère de la compatibilité de la négation avec le présentatif d  "c'est «  permet de la ranger parmi les adverbes. ( cf. F. Bentolila ,Les classes d'unités significatives, p. 47 • )

(3) Si F.Bentolila a considéré l'interrogation comme une modalité d'énonciation

et non pas comme un adverbe, c'est parce que l'interrogation est en rapport d'exclusion mutuelle avec l'assertion et l'injonction. ( cf. Les classes d'unités significatives ,p. 47 ) et que les interrogatifs ont un comporte­ment syntaxique qui les prédisposent à  être mis en relief •

 

 (4) Nous nous sommes inspirés  du classement de F.Bentolila , Gram.fonct. p.175 , Les classes d'unités significatives, p.47 •

 

L'adverbe de négation  ur •

 

(1) J.Moeschler , Dire et contredire, p. 5 •

(2) Nous n'allons pas nous arrêter , plus longuement, à ce genre de négation. Ex : iGum ad iddu. , "il refuse de partir ."

(3) uridd  peut être conçu comme un synthème formé de la particule ur  et du pré­sentatif  d servaat à actualiser les prédicats non-verbaux ; à côté de uridd  , le parler utilise maci (emprunté à l'arabe ) qui a les mêmes latti tudes combinatoires que son homologue berbère •

(4)

A.Basset , Textes berbères

, p.179

 

(5)

of.

ici

.12.3

, p.110

;

et 11.4

, p. 113

(6)

cf.

ici

p.110

 

 

 

 

(7) ur  préc~ée toujours le verbe qu'il détermine sauf si ce même prédicat est déterminé par ad , dans ce cas ur se place aprés  ad•

(8) a wr exprime la défense •

(9) L.Galand , seminaire E.PH.E , le 3 -04 - 1981 ; A.Leguil , I.N.L.C.O  le 4-12-1986 •

(10) A.Basset , ibid , P 185-186

(11) G.T.Penchoen , Etude syntaxique d'un parler berbère, P. 68 • L.Galand , Seminaire E.PH.E , 13- 02 -1981 •

(12) F.Bentolila , Gram. fonct • P. 178; et Sémantique •• et Etudes des unité. significatives, p. 4 •

 

(13) G.T.Penchoen, Etude syntaxique d'un parler berbère, p.12 •

 (14) G.T.penchoen , ibid, p.16 •

(15) On pourrait dire, à partir de ces ex. , que la négation affecte le prédicat d'une part, et de l'autre le nominal.

(16) F.Bentolila , Sémantique et études des unités significatives, p. 4 •

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Dernière mise à jour de cette page le 07/07/2009

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