les noms en tamazight

La classe des noms en Tamazight

 

A/ Le genre dans le parler des Ait Sadden

I- Introduction

1-  Le Tamazight, comme toutes les langues, oppose la classe des verbes qui fonctionnent comme prédicats, sans l’aide d’un actualisateur, à la classe des noms qui, pour être employés comme prédicats, sont introduits par un présentatif :

-         ha  y-agrum

« voilà le pain »

-         d  agrum

« c’est du pain ».

Noms et verbes constituent deux classes fondamentales en tamazight ; ils se différencient par :

-         la fonction : le verbe est prédicatif, tandis que le nom peut assumer plusieurs fonctions dans la phrase (i-e, sujet, complément d’objet…).

-         La comptabilité avec les modalités est un critère suffisant pour distinguer les deux classes, chacune des deux classes se combine avec une modalité qui lui est spécifique.

2-  Procéder à l’étude des combinaisons de modalités nominales est une tâche sans problèmes, avant d’établir le classement des modalités susceptibles de déterminer le noyau nominal, une définition du concept « modalité » s’impose.

En linguistique générale, la modalité est souvent définie comme l’attitude ou le jugement d’un sujet parlant porté sur son discours.

En théorie fonctionnelle, le concept de « modalité » est réservé au déterminant grammatical, celui-ci se distingue du « fonctionnel » par le critère suivant :

-         La modalité, selon A. Martinet, est un « élément centripète », alors que le fonctionnel est « un élément centrifuge ».

-         Quant au concept d’uni-nucléarité, proposé par M. Mahmoudian, il n’est pas valable dans la mésure où la négation ne peut être une modalité du verbe seul, mais on peut analyser la négation comme adverbe ou alors comme une marque de type de phrase dans les descriptions qui opposent une phrase assertive à une phrase interrogative, et une phrase affirmative à une phrase négative.

3-  Les noms peuvent être des noyaux déterminés par les modalités nominales suivantes :

a-  Le pluriel :

Aryaz                 -----     iryzn

« homme »         -----     « les hommes »,

d’un point de vue sémantique, le pluriel s’oppose à son absence – traditionnellement, désigné comme le « singulier »-, tandis que l’absence du pluriel ne signifie pas nécessairement l’unicité.

b-  l’apposition :

aryaz azurar

« un homme gros »

c-  le verbe à la forme participale, où la participe est un cas particulier de la proposition relative, dont l’antécédent est un complément explicatif :

aryaz iDan

« l’homme qui est parti »

d-  les nominaux (noms ou pronoms), par l’intermédiaire d’un fonctionnel :

aham n uryaz

« la maison de l’homme »

aham Ns

« sa maison »

e-  Kul « chaque », - a « ce…ci » ; - iN « ce…là » ; -Na « ce…en question »

« kul aryaz »

« chaque homme »

aryaz – a

« cet homme-ci »

aryaz – iN

« Cet homme – là »

aryaz – Na

« l’homme en question »

f-  dnin « autre »

aryaz dnin

« un autre homme »

g-  Qah, kulsi « tous »

     Qah iryzn

     « tous les hommes »

h-  les adverbes : hli – has « seulement »

i-   aGwd  « même, aussi »

4-  Les noms peuvent déterminer :

a)  des verbes directement ou par l’intermédiaire d’un fonctionnel,

b)   des nominaux (noms ou pronoms) par l’intermédiaire d’un fonctionnel,

c)   des numéraux, qui sont considérés comme des noms de « plein statut »

yun uryaz

« un homme »

II- L’analyse :

A/ Le genre

le genre ne relève pas d’un choix, il appartient à la morphologie parcequ’il entraîne des modifications formelles, comme le cas de l’accord. En tamazight, nous nous trouvons en présence d’un monème lié t….t, permettant d’exprimer le sexe féminin et le diminutif, peut-on parler dans ce cas d’une opposition entre une forme simple et une forme dérivée, sans qu’il y ait de rapport sémantique entre les deux noms ? - Exemple : à azwu « vent » s’oppose tazwut, qui désigne une maladie détermatologique, ceci s’explique, probablement, par une « démotivation » qui a fait qu’aucun lieu n’est apparent entre le simple et le dérivé.

Cette série de noms consiste à utiliser des termes formellement et sémantiquement apparentés :

Amqran  ----------------tamaqrant

« le grand »                 « la grande »

afus ---------------------- tafust

« la main »                     « une petite main »

A signaler, dans quelques cas, que le mâle et la femelle sont désignés par des noms sans rapport morphologique et tout à fait différents, chacun des noms étant affecté du genre grammatical correspondant à son sémantisme :

Aryaz -------------- tamtut

« homme »             « femme »

-         A côté de ces noms, le Tamazight connaît des collectifs, asexués, sans genre :

-         mDn « gens », uli « brebis » … ; pour ce qui est des noms collectifs lhmam « pigeons », dlah « pastèque » …, leur féminin sert à désigner l’unité.

-         La majorité des noms féminins de parenté, sans affixe t…t, ne fournit pas un indice formel permettant de distinguer le genre : iMa « ma mère », iLi « ma fille ».

-         Il existe aussi un cas où une seule et même forme admet les deux genres, seul le locuteur peut choisir le sexe de la personne à laquelle il se refère :

taslmya

« bébé »

-         Quand aux pronoms, ils présentent soit des variantes :

Yun ---------------- yut

« un »                     « une »

wa ------------------ ta

« celui »                   « celle »

Soit, ils prennent la même que celle du nom auquel ils se réfèrent :

Qah  Can

« ils ont tous mangé »

Qah   Cant

«  elles ont toutes mangé ».

                                                                                 A. Bououd 

  

 

La classe des noms en Tamazight

 

A/ Le genre dans le parler des Ait Sadden

I- Introduction

1-  Le Tamazight, comme toutes les langues, oppose la classe des verbes qui fonctionnent comme prédicats, sans l’aide d’un actualisateur, à la classe des noms qui, pour être employés comme prédicats, sont introduits par un présentatif :

-         ha  y-agrum

« voilà le pain »

-         d  agrum

« c’est du pain ».

Noms et verbes constituent deux classes fondamentales en tamazight ; ils se différencient par :

-         la fonction : le verbe est prédicatif, tandis que le nom peut assumer plusieurs fonctions dans la phrase (i-e, sujet, complément d’objet…).

-         La comptabilité avec les modalités est un critère suffisant pour distinguer les deux classes, chacune des deux classes se combine avec une modalité qui lui est spécifique.

2-  Procéder à l’étude des combinaisons de modalités nominales est une tâche sans problèmes, avant d’établir le classement des modalités susceptibles de déterminer le noyau nominal, une définition du concept « modalité » s’impose.

En linguistique générale, la modalité est souvent définie comme l’attitude ou le jugement d’un sujet parlant porté sur son discours.

En théorie fonctionnelle, le concept de « modalité » est réservé au déterminant grammatical, celui-ci se distingue du « fonctionnel » par le critère suivant :

-         La modalité, selon A. Martinet, est un « élément centripète », alors que le fonctionnel est « un élément centrifuge ».

-         Quant au concept d’uni-nucléarité, proposé par M. Mahmoudian, il n’est pas valable dans la mésure où la négation ne peut être une modalité du verbe seul, mais on peut analyser la négation comme adverbe ou alors comme une marque de type de phrase dans les descriptions qui opposent une phrase assertive à une phrase interrogative, et une phrase affirmative à une phrase négative.

3-  Les noms peuvent être des noyaux déterminés par les modalités nominales suivantes :

a-  Le pluriel :

Aryaz                 -----     iryzn

« homme »         -----     « les hommes »,

d’un point de vue sémantique, le pluriel s’oppose à son absence – traditionnellement, désigné comme le « singulier »-, tandis que l’absence du pluriel ne signifie pas nécessairement l’unicité.

b-  l’apposition :

aryaz azurar

« un homme gros »

c-  le verbe à la forme participale, où la participe est un cas particulier de la proposition relative, dont l’antécédent est un complément explicatif :

aryaz iDan

« l’homme qui est parti »

d-  les nominaux (noms ou pronoms), par l’intermédiaire d’un fonctionnel :

aham n uryaz

« la maison de l’homme »

aham Ns

« sa maison »

e-  Kul « chaque », - a « ce…ci » ; - iN « ce…là » ; -Na « ce…en question »

« kul aryaz »

« chaque homme »

aryaz – a

« cet homme-ci »

aryaz – iN

« Cet homme – là »

aryaz – Na

« l’homme en question »

f-  dnin « autre »

aryaz dnin

« un autre homme »

g-  Qah, kulsi « tous »

     Qah iryzn

     « tous les hommes »

h-  les adverbes : hli – has « seulement »

i-   aGwd  « même, aussi »

4-  Les noms peuvent déterminer :

a)  des verbes directement ou par l’intermédiaire d’un fonctionnel,

b)   des nominaux (noms ou pronoms) par l’intermédiaire d’un fonctionnel,

c)   des numéraux, qui sont considérés comme des noms de « plein statut »

yun uryaz

« un homme »

II- L’analyse :

A/ Le genre

le genre ne relève pas d’un choix, il appartient à la morphologie parcequ’il entraîne des modifications formelles, comme le cas de l’accord. En tamazight, nous nous trouvons en présence d’un monème lié t….t, permettant d’exprimer le sexe féminin et le diminutif, peut-on parler dans ce cas d’une opposition entre une forme simple et une forme dérivée, sans qu’il y ait de rapport sémantique entre les deux noms ? - Exemple : à azwu « vent » s’oppose tazwut, qui désigne une maladie détermatologique, ceci s’explique, probablement, par une « démotivation » qui a fait qu’aucun lieu n’est apparent entre le simple et le dérivé.

Cette série de noms consiste à utiliser des termes formellement et sémantiquement apparentés :

Amqran  ----------------tamaqrant

« le grand »                 « la grande »

afus ---------------------- tafust

« la main »                     « une petite main »

A signaler, dans quelques cas, que le mâle et la femelle sont désignés par des noms sans rapport morphologique et tout à fait différents, chacun des noms étant affecté du genre grammatical correspondant à son sémantisme :

Aryaz -------------- tamtut

« homme »             « femme »

-         A côté de ces noms, le Tamazight connaît des collectifs, asexués, sans genre :

-         mDn « gens », uli « brebis » … ; pour ce qui est des noms collectifs lhmam « pigeons », dlah « pastèque » …, leur féminin sert à désigner l’unité.

-         La majorité des noms féminins de parenté, sans affixe t…t, ne fournit pas un indice formel permettant de distinguer le genre : iMa « ma mère », iLi « ma fille ».

-         Il existe aussi un cas où une seule et même forme admet les deux genres, seul le locuteur peut choisir le sexe de la personne à laquelle il se refère :

taslmya

« bébé »

-         Quand aux pronoms, ils présentent soit des variantes :

Yun ---------------- yut

« un »                     « une »

wa ------------------ ta

« celui »                   « celle »

Soit, ils prennent la même que celle du nom auquel ils se réfèrent :

Qah  Can

« ils ont tous mangé »

Qah   Cant

«  elles ont toutes mangé ».

                                                                                 A. Bououd 

  

 

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Dernière mise à jour de cette page le 13/02/2007

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